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Intimité
Dossier réalisé par Sandrine Derym et Mélanie Chardayre

 


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L’intimité en images par Caroline Briel
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Vie privée sur Internet

 

Les 365 jours de Stéphane 3 Carrés



Artiste hétéroclite, Stéphane 3 carrés aime jongler avec toutes sortes de techniques de création et a accepté le challenge de réaliser une oeuvre par jour pour le site 365 jours en l’an 2002. A voir quotidiennement, un site naguère tenu par la photographe Marie-Paule Nègre par exemple, des réalisations en Flash, des dessins, des séries de photos, le tout à chaque fois accompagné d’une pensée ou d’une interrogation. Un questionnement quotidien sur l’art pour cet artiste qui aime à confier et son art et ses réflexions au jour le jour, en toute intimité. Rencontre avec un créateur en perpétuelle recherche.

Quel est votre parcours professionnel ?
Je suis artiste, enseignant à l'école d'art du Havre. Ancien étudiant de l'ENSAD, j'ai créé les "frères Ripoulins" avec Claude Closky et Pierre Huyghes en 1985, nous avons collaboré ensemble jusqu'en 1989. Ensuite j'ai poursuivi un travail d'atelier durant 7 ans afin de donner une réponse visible à des questions autour de l'espace et du chaos, de l'être et du temps. J'ai publié durant cette période deux ouvrages "L'art en guise de gaz parfait" et "La quadrature de Trois Carrés". J'ai fait un certain nombre d'expositions collectives (MAMVP, AFAA Oslo, New York, Beaux-Arts de Rennes). J'ai réalisé des programmes expérimentaux pour l’œil du Cyclone de Canal +.

Les questions autour de l'espace et de peinture m'ont amené à m'intéresser aux outils vidéo et à l'image de synthèse, afin de prolonger la réflexion sur la portée conceptuelle sur les outils mathématiques et géométriques... Cette recherche m'a placé face aux questions ontologiques et esthétiques. Qu'importe le modèle, ce qui est important c'est l'endroit où il nous mène car l'image de synthèse pratiquée de façon non conventionnelle peut être un outil extrêmement fertile... Toutes ces années de recherches sont accompagnées de carnets de croquis. Ils constituent maintenant une bibliothèque de plus de quinze mille pages ! C'est le fondement de mon travail artistique, c'est là où s'expriment les expériences par la pensée et les oeuvres potentielles.

Comment réalisez-vous vos carnets non virtuels ? Qu'y a-t-il de différent entre le carnet sur papier et celui en ligne ?
Je réalise mes carnets dans les transports en communs, à table, en conversation avec des amis, en « écoute flottante ». Ce sont des lieux de prégnance où l'idée juste, à propos, peut prendre corps avec la liberté souhaitée... Tout ce qui traîne peut nourrir ce carnet, parfois c'est intéressant, d'autres fois, c'est extrêmement mauvais, mais ça existe ! Le goût ne compte guère, ce qui compte c'est la dynamique psychique, cette fulguration qui ressemble à l'idée éclairante qui révèle ou qui dit juste ! Ces carnets sont faits de manière obsessionnelle comme l'assurance de ne pas s'arrêter à l'idée actuelle, mais de la remettre en question lors de la prochaine page. Un carnet de croquis - car l'inachevé a aussi sa place - tout comme le n'importe quoi et le laisser-aller, enfin quelque chose de l'ordre de la liberté qui permet de laisser filer la pensée dans des zones inconnues, la main suivra !
La méthode créative est la même, seules les techniques s'interposent et nécessitent un usage presque instinctif des outils. Les outils numériques et la chaîne de fabrication sont devenus suffisamment complexes pour générer de l'inattendu.

Comment en êtes-vous venu à collaborer au site 365jours... ?
J'ai rencontré Alain Longuet à la SCAM et nous avons partagé un goût commun pour l'aspect libertaire des outils informatiques. Il m'a proposé d'être l'artiste de 2002, j'ai accepté en n'imaginant pas le travail que c'est, mais j'avais la pratique des carnets papier, et un usage quotidien des outils numériques.

Comment trouvez-vous l'inspiration chaque jour pour vos croquis ?
L'inspiration vient seule à condition d'être à soi-même, c'est un dialogue intérieur, furtif, fragile et fulgurant. Elle vient d'une impression, d'une question, d'une vision. L'inspiration ne se convoque pas, et se désire encore moins. C'est un vrai exercice sur soi-même qui révèle l'être.

Peut-on considérer que 365 jours... est votre journal intime en ligne ?
Ces carnets sont-ils un exercice autour d'esthétiques potentielles ? Un roman de science fiction, la trace d'un être, son journal intime, ou une oeuvre d'art, qu'importe... Ce qui compte avant tout c'est le chemin que cela peut créer, en terme de liberté, une capacité de sauter du coq à l'âne, d'interrogations. Plus qu'un carnet intime c'est la trace de la pensée en cristallisation.

Les différentes techniques (flash, graphisme, photo...) utilisées s'adaptent à chaque émotion du quotidien ?
Cela dépend. Certains jours, je suis adroit et j'assemble tout comme un artiste. D’autres jours je suis doctrinaire et j'utilise les outils en privilégiant l'idée au dépend de la forme. Mais pas un jour n'est plus juste que l'autre car quand je pense m'être raté je suis resté moi-même, c'est ainsi que je ne suis pas dans un spectacle qui doit s'assurer la réussite mais bien dans une quête existentielle qui ne fait que de se cristalliser autour des expériences qui s'accumulent. Il y a toujours de l'être dans tout ça !Un artiste peut être mauvais, c'est aussi une esthétique et c'est encore son existence... Ainsi l'outil vient parfois, et d'autres fois devient piège, lorsque par exemple une combinaison technique créé de la fascination formelle et détourne des idées... cela reste la règle du jeu, il faut mettre en ligne...

Vos projets ?
Je travaille sur des Uchronies en vidéo, des discours dérivés... Je constitue - car cela s'assemble - une vidéo sur le chaos et la pensée, les nombres premiers et les questions ontologiques. J'aurai voulu pour le prochain site faire un environnement 3d interactif dans lequel je rajouterai régulièrement de nouvelles pièces et de nouveaux volumes pour constituer un environnement semblable au musée d'"Evacuation immédiate des Musées fantômes" (Serge Brussolo, Denoël, Présence du Futur, 1985). Je réalise plusieurs séries de peintures photographiques, où je peins au révélateur sur papier photographique sans interface optique, c'est-à-dire que c'est un aspect de peinture abstraite. Cela répond à la crise engendrée par l'arrivée des outils numériques dans la photo, où le travail de photographe se résout à l'essentiel, l'exploration des traces photoniques... Je prépare un film qui explore une autre voie entre la tyrannie du sens et la dictature des images pour une écriture non restrictive et informelle de l'image animée. Mes travaux digitaux seront aussi développés et expliqués lors d'une conférence aux Rencontres Européennes de la Jeune Création Numérique en Novembre, au Phénix à Valenciennes sous l'égide de Marianne Fontenier de Supinfocom.


Propos recueillis par Sandrine Derym.

 

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