Faites vos voeux !
Etherbrian
 
 
Richard Pak
 
Toute l'actualité de l'image Expositions virtuelles concoctées par BulBe... Propos d'artistes
Rechercher :
 

Rechercher
 
 
     
 



Index 
Index 
Index 
Index 
   

Retour à l'intro

Anonymes
Dossier réalisé par Sandrine Derym

 


Commentaires autour d'une photo d'Anne Deleporte
Les moments flous de Nicolas Comment
Portraits ivres de Serge Corrieras

 

Les surfaces sensibles d'Anne-Lise Broyer



Autre interview d'une photographe aimant les lieux anonymes. Interview en miroir, aussi, avec Nicolas Comment, car Anne-Lise Broyer est la compagne de celui-ci. Leurs styles sont complémentaires même s'ils tendent vers une même intemporalité...





Votre parcours ?
Je suis photographe et photographiée par Nicolas Comment, apparaissant comme personnage dans quelques- unes de ses séries (chose rare, nous sommes un couple photographe). Oh ! Rien de très glamour quant à mon entrée en photographie. J'y suis entrée en même temps qu'à l'école, aux Arts décoratifs de Paris, à 19 ans. Je me suis inscrite à cette option et cette pratique m'est très vite apparue comme évidente. J'aime ce médium, sa modestie, sa simplicité. Ma pratique est tournée vers une certaine économie, peu d'images, une seule optique, un appareil certes de qualité mais simple de fonctionnement, un appareil lourd qui participe de cette économie du peu puisqu'il impose la lenteur. Quant à être photographiée, je ne prétends pas par là être une icône, ce fut très naturel, étant l'élément féminin le plus proche de Nicolas.

Vos photos sont intemporelles, non identifiables. Que recherchez-vous dans votre travail ?
Intemporelles oui. Pour le reste, ce n'est pas vraiment le cas. Disons que la vie, l'action, n'a plus qu'à s'y installer, un décor est campé, le spectateur le peuplera. Je fais allusion ici à mes séries C'est maquis et Une histoire sans nom, si tant qu'elles puissent être dissociées. C'est un lointain proche, toutes mes images ont pour moi une charge intime, une part biographique cachée mais elles ont surtout une charge littéraire en toile de fond. Le mélange des deux donnant peut-être ce côté intemporel, je ne sais pas. Ce sont des images faites par une lectrice avant tout. Reste à savoir si mes images ont été lues avant d'être vues ? Dans Les Mercredis (cette série est en couleur), je foule les lieux de mon enfance et tente de me rappeler des impressions, cette sensation de temps libre propre au mercredi. Pour celle Au roi du bois, il s'agit d'épiphanie, de petit miracle (c'est un bien grand mot) rencontrés dans un fourré, la forêt, telle cette « pisseuse » décrite dans ce livre éponyme (Le Roi du bois, Pierre Michon, édition Verdier, 1996)

Où trouvez vous tous ces lieux anonymes ? Vous les recherchez ou se trouvent-ils sur votre passage ?
Attardons-nous encore sur cette série Au roi du bois, elle est singulière dans mes recherches. Pour celle-ci, les légendes, qui ne sont autres que les noms des lieux où le cliché été réalisé, sont presque aussi importantes que les images. Là, les lieux ne sont pas anonymes, ce sont des lieux pour qui sait, foulés par des artistes qui ont traité précisément le genre paysage (Giverny, Barbizon, Auvers-sur-Oise, Saint-Rémy de Provence...). Il est aussi des lieux qui, pour moi, sont d'emblée littéraire comme l'Isle-sur-la-Sorgue (René char), Riom-es-montagne, Vézelay (Georges Bataille)... Ces lieux ne sont pas anonymes et ce volontairement, ils sont connus, reconnus, touristiques et choisis comme tels (pour la plus grande partie)... Là, c'est moi qui y suis anonyme. Pour les autres séries, c'est différent, ces photos sont bien souvent prises au hasard de balades, promenades ou autres errances. Certains sont plus particuliers, ils sont le lieu de mon enfance, ils ne signifient absolument rien pour quiconque n'est pas de ma famille et dans ces lieux là je ne suis précisément pas anonyme, c'est eux qui le sont. Il m'importe en fait d'indiquer systématiquement le lieu de la prise de vue peut-être comme rattachement au réel auquel je suis attachée. Il y a-t-il anonymat puisque je révèle les lieux, que l'on me connaît comme étant l'auteur ? Peut-être réside-il plus dans l'image elle-même, dans cette part de mystère que je tente maintenir ? Préserver ? Capturer ? Introduire ? Je ne sais pas.

Avez-vous l'impression, par les thèmes et les endroits que vous abordez que vous êtes dans la peau d'un anonyme, incognito ?
Je crois avoir déjà répondu à cette question au travers de la précédente. J'ajouterais que oui, dans la simplicité de mon geste, sa discrétion, le fait que je me considère plus comme une passante.

Quels sont vos projets ?
J’expose actuellement jusqu’au 25 octobre cinq images à la galerie Alain Gutharc (rue de Lappe à Paris) avec cinq autres artistes invités par Yves Sabourin.
Une histoire sans nom paraîtra en novembre.
Je poursuis cette série Au roi du bois et en entame une autre, disons que je rencontre un nouvel écrivain par là un nouvel univers qui fatalement m'emmènera ailleurs...
Une résidence est en vue pour 2004.

 

Commentaires autour d'une photo d'Anne Deleporte
Les moments flous de Nicolas Comment
Portraits ivres de Serge Corrieras
 
  Tous droits réservés • Bulbe 2002 - 2021