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Adolescents !
Dossier réalisé par Sandrine Derym

 


À ma sœur, une histoire de Sylvie Fraissard

 

Films d'ados

Curieusement, les adolescents semblent un excellent sujet d’inspiration (repensons à l’un des films précurseurs La Fureur de vivre de Nicholas Ray pour ne citer que lui ), car il en résulte le plus souvent des films de qualité, audacieux, refusant tout formalisme comme l’ado refuse encore les codes des adultes. Le cinéma indépendant américain de ces dernières années refuse l’académisme et le côté surfait. Comme ses personnages, ces films sont sincères et sur le qui-vive. À l’instar de toute cette vague de films teenage movie du style American Pie.


La vague semble avoir commencé en 1999 avec Virgin Suicides de Sophia Coppola. La vie et mort de cinq jeunes sœurs belles et blondes vues par la fille de Francis Ford Coppola est une réussite et dans son scénario et dans son esthétisme. Virgin Suicides a une photo que l’on pourrait qualifier un peu trop rapidement
d’ « Hamiltonienne » mais ce n’est que pour donner au film un état onirique, à mi-chemin entre rêve et réalité, un aspect souligné par la musique planante du groupe français Air. Premier essai, coup de maître où l’adolescence se révèle être une période remplie de mystère et de nostalgie.


N’oublions pas le très beau L.I.E. (Long Island Expressway) de Michael Cuesta, film malheureusement peu remarqué par le public à sa sortie. Un sujet épineux : la pédophilie, un jeune héros cherchant à faire son trou parmi un groupe de gamins, tout en ayant une attirance ambiguë pour l’un d’entre eux. Un film sur le choix des attirances sexuelles, sur la quête d’identité et la solitude. Le scénario a le mérite d’aller vers des directions auxquelles on ne songe pas une seconde, la mise en scène est superbe, jouant sur les profondeurs de champs sur les sensations du jeune héros. Un film à redécouvrir.


Ken Park, quant à lui, nous fait voir les ados sous un autre jour. Anti-teenage movie au possible, il est réalisé par le photographe controversé Larry Clark (qui a beaucoup travaillé sur les jeunes américains dans son travail photo et de réalisation avec Bully/ Kids notamment). Ken Park ne nous épargne rien, il n’y a que les rapports sexuels (à deux ou plus…) qui procurent un minimum de plaisir et de récréation aux ados. Le reste n’est que violence, incompréhension face aux parents aux allures de mort vivants. Un film sombre, sur un style documentaire avec une photographie très subtile et de toute beauté.


Le petit (ou plutôt grand, vu les récompenses que le film a obtenu) frère de Ken Park s’appellerait Elephant, mis en scène par Gus Van Sant. Elephant, qui relate quelques heures avant le carnage d’un lycée semblable au drame de Columbine les morceaux de vie d’une poignée d’ados, est pratiquement un film expérimental. D’une très grande beauté plastique, le film nous emmène, à l’aide d’une caméra en apesanteur et toujours aux aguets, aux quatre coins du lycée. La mise en scène vaut à elle seule pour ce film qui ne se veut pas explicatif quant au drame de Columbine et a un fil narratif très ténu.

Le dernier-né, sorti tout juste sur les écrans français, est Thirteen qui relate la «Girl Culture» et qui a l’originalité d’avoir été co-écrit par l’une des jeunes actrices du film : Nikki Reed. Là encore, un style à mi-chemin entre le
documentaire et le style MTV, le film dénonce le malaise adolescent, le besoin d’être reconnu par ses pairs et sa famille ; même s’il est exprimé de manière maladroite par la jeune héroïne. Tout comme l’état d’esprit de l’adolescente en question, l’image du film perd sa saturation au fur et à mesure que le sort de l’adolescente se détériore. Plus informatif qu’Elephant ou L.I.E., Thirteen (car ces ados n’ont seulement que 13 ans) est un coup de poing.

Ces films ont en commun de raconter la solitude des ados, leur malaise. D’où la plupart du temps un style de mise en scène documentaire. Ces films tentent de répondre à cette question : que sont les ados aujourd’hui ? Que sont devenu le Holden Caulfield de l’Attrappe-cœur ? Une vérité souvent trash (voir les scènes d’amour de Ken Park, la violence contenue puis éclatant au grand jour d’Elephant). De même, et ce point reste toujours sidérant aux Etats-Unis, les acteurs castés sont toujours très crédibles, sur la corde raide mais impressionnants. Ces jeunes acteurs s’immiscent jusqu’au bout dans leur rôle… Un sentiment de vécu ?

 

À ma sœur, une histoire de Sylvie Fraissard
 
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