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Venise éternelle. Le Palazzo Grassi.

Le Palazzo Grassi, en collaboration avec le Museum of Contempory Art de Chicago, présente un panorama de l’art contemporain italien, de ses vedettes (Vanessa Beecroft, Alighiero Boetti, Maurizio Cattelan) à ses intimes (Fernando Melani, Margherita Manzelli…). En tout, 107 artistes et 250 œuvres : de ces expositions où l’on enfile les salles une à une sans plus rien voir, sans plus discerner quoi que se soit.
Surtout que le Palazzo Grassi, au bord de la lagune vénitienne, laissait espérer un écrin, un palais magique. Cruelle déception. Si l’extérieur est magnifique, comme tout palais vénitien, l’aménagement intérieur est désespérant de froideur, d’aseptisation, d’impersonnalité.
Succession de carrés blancs, escaliers d’hôpital, aucune âme, plus rien de la magie vénitienne. De temps à autre, en levant la tête, on peut voir un plafond à caissons qui n’a pas été recouvert de panneaux blancs… Du coup, les œuvres semblent en attente, très peu parviennent à vibrer et à s’extirper de cette atmosphère commerciale.
Sauf « All », la dernière création de Maurizio Cattelan : 9 sculptures en marbre blanc de Carrare, 9 corps drapés dans leur linceul, 9 visions fortes, troublantes, poignantes.
Allongés au centre de l’atrium, les corps reposent, silencieux, imposants. Les plis des linceuls épousent sensuellement les cadavres anonymes, devant lesquels le public passe, s’arrête, hésite. Certains corps semblent étêtés, d’autres sont recroquevillés sous le drap, d’autres encore, rigides. Quelle attitude face à la mort, face aux cadavres anonymes, comment regarder cette oeuvre ? A chaque étage grimpé, les corps réapparaissent dans notre champ de vison, de plus en plus petits, de plus en plus loin, mais c’est trop tard, ils nous ont marqués à jamais.

Italics
L’art italien entre tradition et révolution, 1968-2008
Palazzo Grassi,
Campo San Samuele, 3231
30124 Venezia
Jusqu’au 22 mars 2009

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