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Expositions virtuelles concoctées par BulBe... Sujets divers Propos d'artistes
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Faites vos voeux !

2009, 365 jours de bonheur : Mrzyk et Moriceau se sont emparés de la nouvelle année pour la tordre dans tous les sens, lui suggérer des idées invraisemblables et nous offrir 365 dessins fantasmagoriques et hallucinatoires. Un éphéméride survolté.
Dans l’enchevêtrement noir et blanc de leurs motifs s’impose le carmin de la date. Il applique son sceau temporel sur l’agitation illimitée qui règne dans le monde Mrzyk-Moriceau : sexuel, cruel, onirique, ironique, débridé, inspiré.
Passer une année entière dans ce monde-là : un rêve et une inquiétude. Tout y est possible, connu mais transposé dans une nouvelle dimension. Les repères sont pris à bras le corps afin de subir des mutations incontrôlables, le quotidien s’échappe pour réapparaître transformé, plus vaste, parfois plus effrayant, toujours plus drôle.
Il y a quelque chose de surnaturel dans cette abondance d’images, comme si d’être deux à dessiner multipliait les énergies et les possibilités de façon monstrueuse : c’est un être hybride qui tient la plume, une ligne qui relie directement le cerveau bicéphale à la main à dix doigts. Mrzyk et Moriceau sont un freak : prodigieux, inquiétant, spectaculaire.
Situations impossibles, mélanges contre-nature, oppositions insupportables, fantasmes, soudain, rien n’est plus normal. Une fois par jour, la réalité bascule. Tout ce qui est dessiné est révélateur d’une sensation fugace et étrange qui nous attire irrésistiblement dans ses rets, et que les deux artistes ont su capter.

Éphéméride
Petra Mrzyk & Jean-François Moriceau
Les presses du réel – domaine Art contemporain
10,5 x 15 cm
365 pages détachables (365 ill. bichromie) sur support mural en carton
19 €

P.LQ.
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Nous n’irons plus au bois…

Tania Mouraud nous invite à parcourir sa dernière œuvre « Roaming », au Musée de la Chasse et de la Nature. De roaming : l’errance, à roaring : le rugissement, il n’y a qu’une lettre. Et c’est un son rugissant qui accueille le public avant même de pénétrer dans la salle d’exposition plongée dans l’obscurité. Un grondement d’orage, la cavalcade d’une horde d’animaux sauvages, impossible de savoir, et nos sens sont aux aguets tandis que se découvrent les écrans vidéos.
Sur le mur d’images principal, une exubérance de motifs, une folle course : nous sommes plongés dans la forêt, à un rythme effréné, il nous semble courir et fuir un danger invisible, une menace : les arbres se dressent et s’abattent devant nous ; le sol, les postes d’affût, les troncs, les clôtures, s’écroulent, se redressent, barrent la route, barrent la vue, s’enchevêtrent. Lignes noires, ombres et lumières, écriture de rythme et d’oppositions. Les repères explosent, le cœur bat trop vite, essoufflé par cette fuite sans fin. Quelle est la menace ? Peut-être cette ombre sur l’autre mur, cette forme noire coiffée de bois, à peine discernable derrière les troncs, nimbée par la lumière troublante, indéfinie, du crépuscule.
Apparition, disparition.
Qui traque qui ? Où est le danger ? Par où va t’il déferler ? Pouvons-nous même faire confiance à nos propres sens ?
Le son est là, toujours, boucle qui nous emprisonne, l’œil s’affole, passe de l’écran proliférant à celui, statique, de l’affût.
Autre point cardinal de la salle : un moniteur posé au sol montre un chasseur, de dos, s’enfonçant, armé, dans la forêt. Une marche lente, silencieuse et solitaire, tandis que sur l’autre moniteur, en gros plan et en boucle, nous assistons à la mort d’un sanglier, touché par une balle. Son corps s’écroule. La masse de chair, d’ombres et de sang, de forces et de fragilités, se soulève par vagues : une mort trop lente, une agonie invisible, cachée dans le ventre de la forêt.

Une forêt où l’on se perd, une œuvre où l’on doit faire face à ses propres peurs, un chemin à parcourir. Et l’on quitte Roaming avec l’impression persistante d’avoir échappé à quelque chose de terrible.

Tania Mouraud, Roaming,
Jusqu’au 22 février 2009
Musée de la Chasse et de la Nature
62, rue des Archives
75003 Paris

P.LQ.
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Estelle Dougier : l'art du spectacle !

Estelle Dougier est une jeune photographe qui a beaucoup travaillé dernièrement, sur le monde du spectacle. La lumière, les strass et paillettes font partie du voyage mais elle aime à suggèrer également ce qui pourrait sembler au prime abord trop éclatant.
Avec le cadre rigoureux du moyen format, elle s'est attardée sur la pénombre, le mystère.
Aussi, tout est suggèré dans le monde d'Estelle Dougier. Si bien que ses séries sur le cirque, la fête foraine et le Moulin Rouge se répondent et se confondent... Les gens du spectacles deviennent silhouettes dans une lumière enchanteresse et le décor, même vide, est toujours pénétré d'une grande sérénité...

Un monde à voir absolument sur ces grands formats chez la toujours sympathique galerie "Canal Pictures Art" dans le 10e...


Estelle Dougier : Le merveilleux de l'ombre à la lumière
Jusqu'au 6 décembre 2008
Galerie Canal Pictures Art
4, impasse Chausson
75010 Paris

© Estelle Dougier

S.D.
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Venise éternelle. Le Palazzo Grassi.

Le Palazzo Grassi, en collaboration avec le Museum of Contempory Art de Chicago, présente un panorama de l’art contemporain italien, de ses vedettes (Vanessa Beecroft, Alighiero Boetti, Maurizio Cattelan) à ses intimes (Fernando Melani, Margherita Manzelli…). En tout, 107 artistes et 250 œuvres : de ces expositions où l’on enfile les salles une à une sans plus rien voir, sans plus discerner quoi que se soit.
Surtout que le Palazzo Grassi, au bord de la lagune vénitienne, laissait espérer un écrin, un palais magique. Cruelle déception. Si l’extérieur est magnifique, comme tout palais vénitien, l’aménagement intérieur est désespérant de froideur, d’aseptisation, d’impersonnalité.
Succession de carrés blancs, escaliers d’hôpital, aucune âme, plus rien de la magie vénitienne. De temps à autre, en levant la tête, on peut voir un plafond à caissons qui n’a pas été recouvert de panneaux blancs… Du coup, les œuvres semblent en attente, très peu parviennent à vibrer et à s’extirper de cette atmosphère commerciale.
Sauf « All », la dernière création de Maurizio Cattelan : 9 sculptures en marbre blanc de Carrare, 9 corps drapés dans leur linceul, 9 visions fortes, troublantes, poignantes.
Allongés au centre de l’atrium, les corps reposent, silencieux, imposants. Les plis des linceuls épousent sensuellement les cadavres anonymes, devant lesquels le public passe, s’arrête, hésite. Certains corps semblent étêtés, d’autres sont recroquevillés sous le drap, d’autres encore, rigides. Quelle attitude face à la mort, face aux cadavres anonymes, comment regarder cette oeuvre ? A chaque étage grimpé, les corps réapparaissent dans notre champ de vison, de plus en plus petits, de plus en plus loin, mais c’est trop tard, ils nous ont marqués à jamais.

Italics
L’art italien entre tradition et révolution, 1968-2008
Palazzo Grassi,
Campo San Samuele, 3231
30124 Venezia
Jusqu’au 22 mars 2009

P.LQ.
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Lise Sarfati aux commandes du Fashion Magazine de Magnum

Sur la couverture du dernier Fashion Magazine, on voit l'image d'une jeune fille blonde et diaphane un peu triste, un peu perdue. Presqu'une scène de cinéma à elle seule. Presque du Douglas Sirk. Et une belle promesse, déjà, quant au contenu du dernier opus du fameux "Fashion Magazine" de l'agence Magnum, cette fois-ci conçu par Lise Sarfati.

Après Martin Parr, Bruce Gilden et Alec Soth, ce numéro est davantage emprunt d'une certaine mélancolie, propre aux images de Lise Sarfati. Dans cette Amérique calme et reculée de la ville d'Austin, Texas avec ses grandes maisons terriblement vides et calmes, on n'est finalement pas loin d'un Virgin Suicide par Sofia Coppola. Ce numéro raconte de petites histoires, renforcées par l'effet d'images en vignettes entourées de blanc. De petites touches sur quelques adolescentes ou quelques jeunes filles qui ont toujours l'air ailleurs. Elles ne sont pas là mais envahissent l'image par leur naturel. Et il y a des objets, car la mode, c'est aussi cela, qui sont perdus eux aussi, dans un décor.

C'est un Fashion Magazine, mais il ne s'agit pas de mode pour Lise Sarfati. Dans un contexte actuel qui banalise les modèles, la photographe préfère s'attarder sur ces jeunes filles et leur histoire. Elle décrit d'ailleurs sa quête et son investigation dans l'entretien qu'elle a avec l'artiste Rick Owen dans les pages centrales. Ces jeunes filles ont toutes un prénom... et une histoire. On est dans le ressort de la psychologie - avec toute la complexité que cela implique, d'une attention particulière dans un contexte social donné. Lise Sarfati n'en oublie pas son long travail de reporter. Il se poursuit, logiquement, dans ce magazine, qui est en fait un livre à part entière.

Fashion Magazine Par Lise Sarfati
"Austin, Texas"
216 pages
20 euros.

Ci-contre © Lise Sarfati // Magnum Photos

S.D.
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Dennis Hopper, Hollywood et compagnie...

Voilà une belle idée que de prendre un acteur icône tel que Dennis Hopper et de construire une exposition autour de son mythe. D'ailleurs, Hopper est-il seulement acteur ? Il porte tellement de casquettes (réalisateur d'easy Rider, photographe, peintre, collectionneur...) qu'on ne sait même plus laquelle lui attribuer.

Cette multiplication des savoirs et des passions s'en ressent dans l'exposition. On y trouve des extraits de films marquants auxquels cet acteur a contribué, ses collaborations avec Lynch, Coppola, Wenders. Son rôle d'agent dans le film "Basquiat", peintre qu'il a connu réellement, des pubs, savoureux clin d'oeil à Easy Rider. Ses oeuvres, photographies dans un noir et blanc tranché - surtout des portraits de ses amis peintres - Hopper a un oeil et on le sent tout de suite. Ses oeuvres plastiques: peintures, sculptures proches du Pop Art. Et les oeuvres de ses amis, Julian Schnabel, Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat ...
Car il ne s'agit pas que d'un hommage à cet homme fascinant mais également le rappel d'une époque. La première vidéo en introduction met cet aspect en évidence, Hopper a cotoyé et participé au Nouvel Hollywood, à sa folie et sa démesure, Hollywood est une espèce de calque de la vie de Dennis Hopper. D'ailleurs, on remarque que ses films et créations sont une mise en abyme des évènements de la scène culturelle ou politique d'un Hollywood en pleine mutation...

Un ensemble pertinent donc, conçu de manière chronologique. On aurait aimé une conception un peu moins froide, un peu plus de folie et de confort aussi pour regarder les nombreux extraits de film par exemple. A la manière de l'exposition sur Almodovar, déjà à la Cinémathèque, qui était une franche réussite à ce niveau.

La Cinémathèque Française
8, boulevard de Bercy
75013 Paris
Tarif plein : 7 euros.

Ci-contre : Collection Dennis Hopper, Los Angeles © Dennis Hopper

S.D.
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Le sens interdit d'Oswaldo Gonzales

Oswaldo Gonzales était l'un de nos premiers invités à participer à nos sous-titres, retrouvez-le in-situ à l'Espace Beaujon du 13 au 24 octobre !

Du 13 au 24 octobre
Espace Beaujon
208, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
Ouvert les lundis, mardis, jeudis de 10h à 21h30 ; les mercredis et vendredis de 9h à 21h30

M.C.
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BULBE RECOMMANDE...

Zon'art à la Halle Saint-Pierre (Paris) avec des dessins de Stéphanie Buttay.

M.C.
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Jacques Villeglé, l’indiscipliné

Affiches lacérées, véritables papiers peints urbains arrachés à la volée par la maître de la cité : Jacques Villeglé. Le Centre Pompidou rend hommage à cette œuvre vibrante d’histoire et de sociologie, vibrante aussi des couleurs et des motifs typographiques dont l’affiche n’a cessé d’expérimenter les combinaisons.
Villeglé, c’est un œil capable de capter la source inépuisable de beauté contenue dans l’affiche urbaine, ce sont deux mains qui décollent l’affiche de son mur porteur, c’est une force qui prend à bras le corps la matière urbaine pour en faire œuvre. Ce travail d’appropriation commencé dans les années 1950 et qui traverse le XXe siècle en enfourchant le cheval du Nouveau Réalisme se poursuit encore aujourd’hui, Villeglé n’en finissant pas de flâner dans les rues pour en révéler la richesse visuelle.
Particulièrement bien structurée, l’exposition captive par la cohérence et l’humilité du travail de l’artiste. Formellement, ces œuvres sont d’une extrême beauté, qui révèlent dans l’effeuillage fragile des superpositions de papiers, de réclames, de slogans, des pans entiers de l’Histoire française.

La Comédie Urbaine au Centre Pompidou
17 septembre 2008 – 5 janvier 2009

P.LQ.
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